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Référent FPH : Françoise Macé Montant : 300 000

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Fiche Action

Organiser une assemblée citoyenne des peuples du bassin méditerranéen

Résumé
Promouvoir le processus d’Assemblée des citoyens et citoyennes de la Méditerranée : vers une communauté méditerranéenne des peuples
Synthèse
Le défi majeur est celui de la construction d’une communauté méditerranéenne des peuples à partir d’une conscience citoyenne méditerranéenne.  Pour y répondre, il s’agit avant tout d’identifier quelques grands axes stratégiques.
 Nous pensons qu’il est nécessaire aujourd’hui :
– d’agir en vue d’une gouvernance concertée, partagée, adaptée à l’espace méditerranéen et à la réalité de ses citoyens et citoyennes. Il ne s’agit évidemment pas d’imposer un modèle unique de gouvernance, préexistant et inadapté qui serait imposé à un ensemble méditerranéen. Il est nécessaire que toutes les composantes des sociétés méditerranéennes participent à définir et concevoir un modèle de fonctionnement qui soit à la fois respectueux des spécificités de chacun tout en permettant la réflexion et l’action commune ;
– d’oeuvrer pour le désenclavement des pays qui sont encore trop enfermés dans leurs frontières nationales ou exclus pour des raisons économiques et politiques – en particulier au Sud et à l’Est de la Méditerranée ;
– de contribuer au dépassement des craintes mutuelles pour redonner un sens humain, politique, culturel, environnemental et économique à l’ensemble méditerranéen.
La mise en oeuvre de ces changements ne pourra intervenir de manière durable et concertée sans que les citoyens et citoyennes de la Méditerranée se mobilisent pour être entendus et contribuent librement à l’émergence d’une parole et d’une action citoyenne commune. Notre démarche tient compte, bien entendu, des initiatives de diverses natures (Plateforme EuroMed, forum social Méditerranéen, Assemblée Parlementaire Euro-Méditerranéenne -APEM, Union pour la Méditerranée - UpM) portées par plusieurs institutions étatiques, parlementaires et non gouvernementales, soucieuses de créer un espace durable de paix, de développement, de solidarité et de prospérité partagée.
Voir l'historique
Le CERAI avec l’appui de la FPH partageait une série de constats sur la région méditerranéenne qui ont conditionné la nature de la stratégie institutionnelle dans la région pour la période 2008-2009. Une stratégie qui vise à promouvoir depuis 2004 la création d’une citoyenneté méditerranéenne dans une région qui connaît une forte inégalité nord-sud, qui suscite l’intérêt des puissances économiques (Union Européenne, Chine, Etats Unis ou certains pays du Golf Persique) et qui ne connait pas la démocratie dans la plupart de ses pays.
Grâce aux réseaux de personnes et institutions identifiés entre 2004 et 2007, nous avons eu l’opportunité de construire collectivement avec des partenaires de la FPH et du CERAI une analyse partagée sur la Méditerranée et ses enjeux ci-dessous résumés :
– La Méditerranée est une réalité historique, humaine, commerciale, culturelle, sociale et environnementale.
– L’échec des tentatives de construction de certaines entités au Sud et à l’Est de la Méditerranée est aujourd’hui flagrant.
– Il existe une forte contradiction entre la libre circulation de flux de marchandises et capitaux et les restrictions imposées à la circulation des personnes.
– L’apparition de tensions entre des mondes de tradition religieuse différente est une réalité inquiétante.
– Les pays de la région balkanique de la Méditerranée, eux, connaissent des difficultés dues à la transition économique et politique, à des conflits ethniques et de minorités, subissent ou refusent l’isolement. Il est impossible de savoir exactement comment – pour ces pays comme pour tous ceux du pourtour méditerranéen – sera acceptée et vécue par les citoyens et citoyennes la double appartenance, à l’Europe d’un côté, à la Méditerranée de l’autre.
– Les relations existantes entre les différents pays riverains sont diversement développées, souvent basées sur une logique bilatérale, rarement multilatérale.
L’approche méditerranéenne dans ces conditions est complexe, peut-être difficile. Néanmoins, nous sommes convaincus qu’elle est absolument indispensable pour faire face aux défis de la région.
Les réflexions partagées issues des rencontres organisées dans le cadre de l’initiative nous ont aidé à l’élaboration d’une charte constitutive de l’ACM et la mise en place d’un dispositif de travail basé sur trois piliers: la coordination méditerranéenne, le conseil et les cercles locaux de citoyens. La coordination méditerranéenne est formée par des organisations de la société civile à but non lucratif qui mettent à disposition de l’initiative les ressources humaine et matérielle nécessaires et qui ont une capacité certaine à mobiliser des financements. Elle est responsable du développement, du suivi de l’initiative, de la coordination politique et exécutive. Le conseil est formé par des personnes bénévoles venant de la région méditerranéenne choisies en vertu de leur capacité de mobilisation au niveau local ou régional, leur capacité d’expertise, leur visibilité publique et leur capacité à jouer un rôle de facilitateur, autant avec les citoyens qu’avec les institutions. La présente initiative vise aussi à promouvoir et à créer des cercles locaux de citoyens et citoyennes de la Méditerranée dans les différents pays du bassin. Conçus comme des espaces de dialogue permanent et ouverts entre citoyens, ils s’organisent à partir de confrontations d’idées (ateliers, table rondes), de l’élaboration collective et d’évaluation de propositions en vue de contribuer à l’émergence de nouvelles politiques économiques, sociales, culturelles et environnementales.
En 2008-2009 une charte constitutive (voir site web : www.acimedit.net) a été élaborée collectivement. Une première coordination est mise en place, formée par 4 organisations (CERAI, FPH, NAROS et MOUVEMENT EUROPEEN). Le conseil consultatif (voir site web) est déjà créé et formé par 15 membres venant du monde de la recherche (43%), associatif (28%), politique (22%) et l’entreprise (7%) et avec une représentation géographique diverse (France, Espagne, Italie, Albanie, Grèce, Syrie, Liban, Israël, Palestine, Tunisie et Maroc). Au niveau institutionnel nous avons présenté l’initiative à la Fondation Anna Lindh (Alexandrie Mai 2009), à l’Institut Européen de la Méditerranée (Barcelone juillet 2009), à la Commission Européenne et à l’Assemblée Parlementaire Euroméditerranéenne (APEM)(Bruxelles Mars 2009), au Conseil culturel de l’Union pour la Méditerranée (Paris septembre 2009), au Parlement Egyptien et à la vice-ministre des affaires étrangères de l’Egypte (Le Caire Mai 2009), à la Ligue Arabe et à la Fondation Ford (Le Caire Mai 2009), au CIHEAM (Paris, février 2009), à la plateforme non-gouvernementale EuroMed (Rabbah octobre 2009), au réseau MEDLINK (Rome, février 2009). Au niveau social nous avons constitué le cercle de Volos (Grèce),celui de Tirana (Albanie) et le noyau promoteur du cercle de Valencia (Espagne). Des réunions préparatoires se sont organisées au Caire, Marseille et Tunis.